Un pied dans l’universitaire


Jeudi dernier (29 mars 2018), Rêve Emotion était présente à la journée d’étude « Jeu de rôle et expérience de soi » à la maison de la recherche de l’Université de Lille, en collaboration avec ALITHILA et le CRHIA. Cette journée visait à montrer divers aspects de la pratique de ce hobby que nous connaissons bien. Le point central était de montrer par quel biais il pouvait interagir avec nous et comment il pouvait s’inscrire dans la perception que le joueur a de lui-même.

Au-delà de son thème, cette journée avait pour objectif d’amener le monde du jeu de rôle à rencontrer la sphère universitaire et, finalement, à montrer qu’il y a aussi moyen d’être sérieux en parlant de rôlisme. Et l’objectif a été assez bien rempli.

https://alithila.univ-lille3.fr/index.php/prochaines-manifestations/jeu-de-role-et-experience-de-soi/

Notre président, Pierre-Louis Deudon, avait l’honneur de débuter ce colloque avec une présentation pour le moins sérieuse intitulée « Jeu de rôle : rencontre entre sciences humaines et neurologie ». Il s’agissait principalement d’une intégration de diverses lectures qu’il s’agisse de sociologie, de théorie du théâtre ou de narratologie avec les neurosciences, en particulier du domaine de la cognition. En d’autres termes, qu’est-ce qu’il se passe dans notre cerveau quand nous échangeons au sein d’un jeu de rôle et, aussi, comment le modéliser ? Pour en savoir davantage, le podcast et la présentation sont disponibles aux liens suivants :

La suite de la matinée était embrayée par deux autres belges, doctorant en lettre respectivement sur Henry Bauchau et J.R.R. Tolkien. Leur point était d’aborder les enjeux identitaires et les constructions narrative dans le jeu de rôle. À travers Paul Ricoeur et Michel Henry, ils ont présenté la pratique comme permettant l’extension de son expérience et l’évolution de son identité. L’idée du jeu de rôle comme un outils d’apprentissage de la vie et de soi ne nous semblera, en tant que rôlistes, pas si étrange que cela.

La première partie de l’après-midi était davantage dédiée à l’apprentissage. Le jeu de rôle fait en effet son apparition, et ce de plus en plus fréquemment, comme outils d’apprentissage. De plus en plus nombreux sont ceux qui cherchent à partir de l’expérience à travers le jeu de rôle pour amener leurs élèves à induire la théorie et les corriger par la suite. D’autre part, en Suisse, une organisation propose d’utiliser le jeu de rôle pour aider des autistes Asperger ou des HPI (Hauts Potentiels Intellectuels) à mieux s’adapter à la société. Ce genre de jeu leur fournit en effet un cadre inespéré d’observation de l’individu en action, de retour en direct et de débriefing constructif assez unique en psychologie. À n’en pas douter, notre a.s.b.l. s’intéressera beaucoup à leur méthode et pourquoi pas à leur transposition chez nous.

Le dernier intervenant de la journée n’était autre que Nicolas Desseaux, alias Snorri sur divers forums. Ce créateur de jeu de rôle et d’univers nous a permis de recontextualiser la naissance de notre loisir, depuis les simulations de guerre Prussienne jusqu’à Donjon et Dragon en s’étendant ensuite sur son évolution depuis. Il en a profité pour nous faire part de son propre parcours d’écrivain et nous partager son monde et ses projets.

La journée s’achevait par une table ronde qui est sans doute le seul bémol de la journée. Le manque de questions ouvertes à la discussion l’a amenée à être très linéaire et très plate. Si les propos partagés n’étaient certes pas dénués d’intérêt, la manière aurait sans doute pu être revue.

En conclusion, il s’agissait d’une journée riche en information comme en rencontre. Nous espérons que cela puisse se reproduire à l’avenir. Parce qu’après tout, pourquoi est-ce que le jeu de rôle ne pourrait pas, lui aussi, être pris au sérieux de temps en temps ?

Ci dessus, le modèle final présenté lors de cette conférence.

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